Zoom sur nos élections municipales de 2020




Selon nous, le grand vainqueur des élections municipales de La Rochelle c'est l'abstention :


- au premier tour, 61,93 %,

- au second tour, 58,56%.


L'abstention est telle que l'on doit reconnaître qu'en réalité, aucune offre politique mise en avant par les médias locaux n'a convaincu la majorité des électeurs rochelais. Ni la droite de Fountaine, Falorni, Léal, Jaulin, ni la gauche verte de J. El Marbouh et de Soubeste .


L'abstention record (soit environ vingt points de plus qu'il y a six ans) a plutôt profité à la droite de l'ombre qui se maintient à La Rochelle. Et qui est désormais porté par des candidats autrefois socialistes (Fountaine et Falorni).


C'est une donnée récurrente mais qui ne se dément pas. Les habitants des quartiers populaires Mireuil, Villeneuve-Les-Salines, Port Neuf ont peu voté. Ils ont montré leur agacement envers la brutalisation des débats, les conflits personnels qui opposent certains prétendants au suffrage (Maire sortant/Député), la consanguinité des faiseurs d'opinions de masse qui imposent leurs intérêts, choix politiques et propagent le syndrome de l'analphabétisation fonctionnelle. Les électeurs des quartiers prioritaires en particulier n'acceptent plus d'avaler les couleuvres des professionnels de la politique et n'apprécient guère le modèle de comportement des élus passés maîtres dans l'art de la trahison, du mensonge et des coups bas. Les anciens alliés d' hier sont devenus les adversaires des municipales 2020. 


Nous sommes de plus outrés :

- de voir une candidate de la liste « Ensemble, osons l'écologie » abandonner son camps et faire campagne pour un camps concurrent.


- de voir à quel point certaines personnes sont prêtes à se vendre et à vendre des informations de campagne au plus offrant pour avoir un titre de conseiller municipal. Le Mouvement Citoyen Rochelais en a croisé quelques uns pendant la période électorale. Honte à ces nouveaux élus dont on taira les noms et qui se reconnaîtront !


- de voir l'allégeance des membres du PS envers celui qui les a battu au suffrage de 2014.


- de constater la divine comédie des socialistes rochelais. Les anciens « amis » PS d'Anne-Laure Jaumouillé (et non des moindres) autrefois candidats aux municipales de 2014 ont rejoint avec docilité le camps du souverain de la ville pour quelques postes. Leur mémoire sélective leur a fait oublier l'histoire de la primaire socialiste opposant Fountaine et Jaumouillé, et probablement que l'eau miraculeuse du quai Maubec a lavé tous les conflits entre le Parti Socialiste, le PRG et Fountaine. Aucun regret, aucun remord pour ceux qui hier encore étaient dans l' opposition du Conseil Municipale 2014-2020 et qui ont préféré tourner leur veste ou évoluer pour rejoindre la nouvelle majorité 2020-2026. Les nouveaux notables PS, attirés par les honneurs d'être élus se retrouvent ainsi aux côtés des 12 candidats de LREM. Alliés de circonstances plus que de convictions, ils sont contents de leur parcours.


Nombreux sont les citoyens qui ont été choqué par le hold-up démocratique de cette élection peu constitutionnelle ; ainsi que par les différents traitements réservés au premier tour à la liste « Oui, à La Rochelle Unie ! » du MCR. Un recours administratif a été déposé au Tribunal de Poitiers et la ville de La Rochelle a dû payer des honoraires importants au prestigieux cabinet d'avocats pour éviter la condamnation...


Pour toutes ses raisons les électeurs rochelais ont préféré se maintenir à l'écart des urnes plutôt que de confier leur vote et leur confiance à des élus qu'ils connaissent bien et qui leur inspirent de la défiance.


1732 votants de plus qu'au premier tour (19 762 et 62 % d'abstention le 15 mars ).


On a un système électoral de plus en plus censitaire. L'abstention exclut quasiment les classes populaires des élections.


Le candidat Falorni prétend, à tort, que c'est la faute des quartiers populaires s'il a perdu les municipales pour moins de 200 voix d'écart avec le Maire sortant. 


C'est en réalité la faute de la vanité et de l'orgueil, de la caste des politiciens en place depuis trop longtemps, du contexte électoral organisé, des projets qui ne correspondent pas aux besoins des Rochelais, du clientélisme, de l'immobilisme face aux transitions écologiques, sociales et démocratiques, des mots et encore des mots, et du ras le bol d'être pris pour des pigeons.


Beaucoup d'abstention notamment chez les jeunes.

Dans certains quartiers de la ville, l'abstention est montée à 70 % ! (75,79 % au bureau 16 de Mireuil).


C'est terrifiant.


Le fossé se creuse de plus en plus entre le maire, le député et de nombreux Rochelais.


Vont-ils arrêter prochainement ?


La personnalisation du système politique des candidats au suffrage y joue beaucoup. Les élus locaux se succèdent pour faire la même politique qu' hier et utilisent les mêmes leviers associatifs et les mêmes ficelles. Le 15 mars et 28 juin 2020, les citoyens rochelais n'ont pas été séduits ni par le renouveau jaune et noir, ni par la position du collectif de la France Insoumise (FI) centre ville, qui a très maladroitement joué contre la Gauche locale qu'elle est sensée aider.


Dans cet océan d'abstentions, l'électorat qui continue à voter est majoritairement un électorat bourgeois : La Genette, centre ville (Paul Doumer), Fétilly, Lafond, les Minimes. Il y a eu une désagrégation du vote macroniste, qui est parti à droite chez Falorni (soutenu pas M. B. Leal - LR - et M. A. Jaulin - Modem - ) mais aussi chez le Maire sortant M. Fountaine soutenu par M. J.L Léonard (ancien Maire de Chatellaillon) et M. Bussereau (Président du Conseil Général).


Contrairement au soutien clair et franc de l'aile gauche de la FI locale, le collectif « La Rochelle Insoumise quartiers populaires », et du MCR à la liste de Soubeste « Ensemble, osons l'écologie » ; on peut regretter l'indécision de la coordonnatrice du « collectif France Insoumise Centre ville », tête de liste par ailleurs de « La Rochelle en commun », qui a détourné l'enthousiasme des électeurs FI des quartiers de la ville, et n'a pas jugé bon d'appeler à voter EELV au second tour.


Il suffit de se référer aux propos absurdes et graves de Martine Wittwaert sur Na Radio trois jours avant le vote du second tour.


Sa position a réduit la portée de l'appel de soutien clair lancé en faveur de la liste « Ensemble, osons l'écologie » de Jean-Marc Soubeste : EELV - Mouvement Citoyen Rochelais , Jaouad El Marbouh - Génération s, Nouvelle Donne, PC, le collectif « La Rochelle Insoumise, quartiers populaires ».


L'essentiel des parties et mouvement de gauche ont appelé à voter pour la liste « Ensemble, osons l'écologie », mais avec peu de convictions pour rattraper le retard sur le terrain. En dehors de l'engagement du MCR et de Jaouad El Marbouh en personne, peu de force de gauche se sont réellement lancé dans la bataille du second tour auprès de Jean-Marc Soubeste.


Il y a eu tellement peu de votants que le non ralliement clair de la coordonnatrice du collectif FI centre ville aux forces de gauche et le manque de dynamique des voix de gauche ont produit un transfert des voix et ont fait des gagnants parmi les libéraux (LREM, Droite).


D'une certaine façon le clivage gauche/droite locale fonctionne encore, et manifestement le rapport de force reste à droite aux côtés de Fountaine et de Falorni.


La poussée citoyenne et écologiste non encartée dans la ville est réelle, mais elle ne doit pas cacher le fait que les forces anciennes résistent.

Autant le dire, nous nous sommes heurtées en effet à une digue : le vote socialiste, le vote de droite, le ni-ni du collectif centre ville de la FI, et le vote LREM.


La Gauche Rochelaise menée par Jaouad El Marbouh et les écologistes ont retrouvé une partie des électeurs qui avaient voté Macron en 2017, mais pas suffisamment pour inscrire la ville dans le lot des villes remportées par les écologistes français.


En effet, ailleurs en France, huit des quarante plus grandes villes de France on été remportées le 28 juin 2020 par les écologistes. Grenoble, Marseille, Strasbourg, Bordeaux, Annecy, Besançon, Lyon, Tours après des duels ou des triangulaires très serrées.


Partout ou presque, les listes qui l'ont emporté ont en effet mélangé dès le premier tour écologistes, communistes, socialistes, Insoumis et citoyens. C'est ce qu'a tenté de faire le MCR.


Le résultat des élections municipales aurait été totalement différent si EELV, le PS, et une franche de la FI avaient répondu à l'appel lancé très tôt par le Mouvement Citoyen Rochelais.


La gauche arc-en-ciel citoyenne qui porte un message "fin du mois, fin du monde : même combat", ne pouvait pas l'emporter avec une telle abstention, et avec les réticences d'engagement de certains qui se prétendent de gauche.


La candidate de La France Insoumise centre ville aurait pu confirmer sa percée électorale mais elle n'a pas réussi son pariA La Rochelle, la stratégie d'autonomie de sa liste a viré au fiasco et a privé la liste du Mouvement Citoyen Rochelais « Oui, à La Rochelle Unie » conduite par Jaouad El Marbouh de changer la donne politique aux municipales de 2020.


La crise sanitaire n'a pas non plus aidé à mobiliser.

Pour le MCR, la décision du gouvernement a faussé les élections. Les gens n'ont pas réussi à faire de cette élection la leur.


Grâce aux voix des conservateurs de droite, LREM et PS, le 28 juin 2020 à La Rochelle, Jean François Fountaine a été réélu à la Mairie par à peine 8851 habitants sur les quelque 80 000 que compte la ville et 21 519 votants.


En réalité, la vague Fountaine-Falorni s'est produite à l'intérieur d'un vide : l'effondrement de la participation populaire et la mauvaise stratégie de la gauche au premier tour.


Alors gare à une surinterprétation de leur résultat de ces élections


Cinq électeurs sur six inscrits sur les listes électorales n'ont pas voté pour Fountaine. Et encore moins pour Falorni.


Sur la liste du Maire on y trouve en particulier de nombreux marcheurs. Autant dire qu'à la mairie de La Rochelle, il y a eu une forte entrée de LREM dans le Conseil Municipal.


Il a remporté sur le fil le second tour de l'élection municipale avec 41,96% des suffrages (soit 24 sièges de délégués communautaires) devant le député Falorni 41,1%, (soit 7 sièges, pour quelques 200 voix d'écart) et l'adjoint écologiste aux mobilités, Jean-Marc Soubeste 16,92 % (soit 2 sièges).


M. Falorni et M. Fountaine ont clairement su mobiliser les électeurs bourgeois de la droite rochelaise (classes moyennes ou supérieures).

C'est ce qui explique leur légère progression de votants entre le 1er et le 2nd tours.


Ce qui pose de nouveau, en filigrane, la question de la représentativité des listes et du lien entre les élus et la population.


Sans « aucun tabou », la majorité va ripoliner en vert le productivisme néolibéral sans le transformer. Usant et abusant du concept creux La Rochelle ville O carbone. Pour nous, il ne peut y avoir d'avancée écologique dans un conseil municipal dominé par la droite et par la LREM et par des élus qui sont déjà en place depuis des décennies.


Que les Rochelais.ses se rassurent, nous allons suivre attentivement leurs intentions de végétalisation, de rénovation thermique des logements, d'arrêt des grands projets polluants ou commerciaux, de territoire 0 chômeurs longue durée, de démocratisation de la politique locale...


Et maintenant, les départementales ?


Pour nous l'heure est à l'union des citoyens et à un bref repos.

Les élections départementales sont censées avoir lieu dès le printemps 2021. Avec nos amis EELV, La Rochelle insoumise quartiers populaires, ... nous sommes impatients de mener cette bataille des cantons pour les Rochelais .ses.


Dans l'attente de connaître les dates d'échéance nous souhaitons consolider notre alliance, rassembler le plus largement possible la gauche autour d'une vision d'avenir commune pour le département et la région.


Nous comptons sur chacun de vous pour que nous évitions la reconstruction politique du monde d'avant et pour que triomphe nos valeurs écologiques, solidaires et sociales.


Merci à vous tous pour vos soutiens, vos encouragements et votre amitié.


L'équipe MCR