Les plus fragiles et la transition écologique seront les grands perdants du plan de relance.


Le plan de relance de septembre 2020, est réellement une politique structurelle de l'offre qui met de côté l'accompagnement des plus fragiles et, plus généralement, des ménages. Le soutien à la transition écologique ne s'en sort pas mieux.


La stratégie du gouvernement Macron ne varie pas : politique structurelle de l'offre, absence de soutien à la consommation et écologie par petites touches.


Les 100 milliards dudit plan, qui doit être finalement présenté le jeudi 3 septembre, sont ventilés en trois tiers à peu près équivalents. Un premier déjà voté ou annoncé, un tiers issu du plan de soutien européen (que la France, quoi qu'il arrive, devra rembourser) et un tiers qui fera l'objet de la discussion budgétaire à l'automne.

Quatre grands thèmes sont définis par Bercy sous la houlette du ministre Bruno Le Maire : « verdissement » pour un total de 31 milliards d'euros, « indépendance/compétitivité » (33 milliards), « compétences » (19 milliards) et « cohésion » (16 milliards).


Le volet social est le moins doté ! Et le patronat (grandes entreprises ) a eu un jolie cadeau.


Le gouvernement déverse des milliards pour aider des entreprises prétendument en difficulté et pour financer le chômage partiel et les licenciements. C’est tout le sens du prétendu « plan de relance » présenté cette semaine par le gouvernement.


Tant au niveau des régions que des communes, le manque à gagner va être considérable.


De fait, l'axe principal du plan de relance au niveau national est un effort budgétaire sur deux ans de 20 milliards d'euros (sur 35,3) à travers la baisse des impôts de production, en particulier ce que l'on nomme la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) et qui a remplacé la taxe professionnelle.


Elle rapporte à elle seule plus de 17 milliards d'euros pour financer régions, départements et communes.


Le plan de relance implante encore plus une politique de compétitivité même s'il faut étrangler encore un peu plus les collectivités locales et déséquilibrer une fois de plus les ressources locales.


En outre, la piste pour compenser en partie cette perte pour l'économie locale demeure d'affecter une partie de la TVA, du moins aux régions. Ce qui générera une perte pour le budget de l'État et, à terme, aura des conséquences délétères sur le financement des services publics par exemple. La seule solution en ce cas sera, à un moment ou à un autre, de relever cet impôt discriminatoire ce qui pénalisera en priorité les ménages les moins aisés. Les perdants seront, une nouvelle fois, les mêmes.



L'économiste Mathieu Plane, convient que cette baisse de 20 milliards des impôts de production, couplée à une diminution de moitié de l'impôt sur les bénéfices, « n'est pas une mesure de relance comme les autres. C'est même une mesure structurelle et pérenne. La question du financement va donc se poser ».


Des mesures plus ciblées sur la crise, comme doit normalement le faire un plan de relance aurait été plus efficace !

Exemple : concentrer ses efforts auprès des entreprises sur leurs besoins de fonds propres et de capitaux avec une ligne budgétaire de seulement 3 milliards d'euros.


Autres perdants : les plus fragiles au sein de la population. Ils sont les parents pauvres du plan de relance. « Le soutien aux personnes précaires », l'une des lignes budgétaires du volet cohésion, ne représente en tout et pour tout que 800 millions d'euros comprenant pour l'essentiel la hausse de l'allocation de rentrée et le repas à 1 euro en resto universitaire.



Par comparaison, l'État prévoit autant d'argent pour l'aide aux associations et à l'hébergement d'urgence (200 millions d'euros) que pour le maintien des compétences dans le nucléaire.


Selon l'Insee, le PIB de la France a chuté de 13 % au deuxième trimestre... L'économiste observe également l'absence de tout dispositif de soutien à la consommation – hors rénovation thermique des bâtiments – qui, pourtant, joue un rôle majeur et efficace pour tenir à flot l'économie.


Prétendument marqueur de ce plan de relance : le « verdissement », qui remplace la « transition écologique » en langage technocratique. Tout un symbole. Sur les 31,8 milliards d'euros qui composent ce volet-là, le gouvernement ne va abonder que de 2,7 milliards d'euros supplémentaires le budget total au sein d'un saupoudrage essentiellement financé par les crédits européens.



Dans cet éventail de sommes censées accompagner le pays vers une économie décarbonée et plus respectueuse de l'environnement, « la transition agricole » ne recevra finalement que 1,3 milliard d'euros, soit à peine 4 % de l'effort budgétaire. Comparativement, le plan de soutien aux secteurs automobile et aéronautique débloque deux fois plus de fonds.


Conclusion

Face à la crise, et avec ce plan de relance, le pouvoir actuel continue de creuser un sillon entamé bien avant cette crise historique : implanter une politique de l'offre faite de baisses d'impôts pour les entreprises et laisser les miettes aux plus fragiles et à une véritable transition écologique. L'urgence attendra.

La crise économique qui s'ouvre après la crise sanitaire a un potentiel dévastateur en frappant notamment les services et en redéfinissant de nouvelles règles de fonctionnement du capitalisme. Le coût social s'annonce très élevé, et nous allons nous en rendre compte dès les prochaines semaines.


Le temps du confinement est trop long et trop exceptionnel pour être assimilé à un simple week-end. Donc on ne peut retrouver un cycle économique comme avant.


Plus le temps de l'arrêt du circuit économique est long, plus les conséquences sur la rentabilité sont importantes : il faut honorer factures, loyers et échéances de crédit. Souvent, ces charges fixes ont été suspendues ou payées par l'État (comme les salaires ou les cotisations sociales), mais pas toutes et certaines de ces factures reviendront plus tard amputer les chiffres d'affaires futurs.



Par ailleurs, le manque à gagner enregistré par le secteur privé pendant le confinement ne pourra pas être intégralement récupéré, car une partie des dépenses n'est pas transférable dans l'avenir. Il n'est pas certain que ceux qui n'ont pu aller au restaurant pendant trois mois s'y rendront suffisamment par la suite pour compenser les pertes de chiffre d'affaires. On verra que, du côté de la demande, la dynamique n'est pas nécessairement à la récupération.


Le déconfinement est un processus et n'est pas une date.


On peut toujours redouter une nouvelle reprise de l'épidémie, à plus ou moins court terme, avec, désormais, le risque d'un nouveau confinement. Dans ces conditions, toute réorganisation de l'entreprise, qui suppose un surcoût, est soumise au risque d'un nouveau coup d'arrêt. On s'efforcera donc de limiter les dépenses engageantes à plus ou moins long terme, et donc les investissements.


La crise actuelle est aussi une crise de la demande. Si l'hypothèse du « grand week-end » a échoué, c'est aussi parce que les ménages n'entendent pas dépenser leur épargne forcée, estimée par l'OFCE à 55 milliards d'euros (et par d'autres à plus de 80 milliards d'euros), pour compenser les deux mois de confinement. Certes, une grande partie de leurs revenus a pu, dans certains cas, être assurée par l'action de l'État, mais les ménages, comme les entreprises, sont soumis à une incertitude radicale. Rien ne leur garantit que, s'il y a un nouveau confinement, tout se passera de la même façon. Ceux qui sont au chômage partiel ont souvent perdu des revenus et ont un sentiment légitime d'appauvrissement. Tous voient les entreprises ajuster leurs coûts et les plans sociaux se multiplier. Ils craignent donc pour leur emploi. Tout cela incite à épargner par précaution.


La gestion calamiteuse de la crise et la menace persistante de la maladie n'incitent pas à prendre des risques, ni même à vider son épargne en consommations diverses

Et si la demande demeure faible, les entreprises devront ajuster leurs effectifs au niveau de cette demande et donc licencier, ce qui déprimera encore la demande...


Le covid est un monstre qu'on ne pouvait réguler ni politiquement ni juridiquement, qu'on ne pouvait pas voir, sentir, cerner.


Par peur et panique, les gouvernants ont été prêt s'il le fallait à arrêter la machine pour tenter de maîtriser le virus.


De nombreux citoyens ont eu l'impression d'obéir à des injonctions politiques contradictoire,

Alors que, les politiques néolibérales détruisent le système sanitaire.

Rappelez vous : la révolte des soignants de terrain...


Le gouvernement Macron cherche à fabriquer le consentement de manière industrielle et d'obtenir l'adhésion des populations, par les médias de masse, par le cinéma, par l'éducation... S'inspirant du modèle pastoral en sus de la violence, les néolibéraux cherchent à guider le troupeau dans leur direction.


(Le système néolibéral s'inspire du modèle pastoral de celui qui guide son troupeau dans la bonne direction.)


Ce qui nous fait dire que le système néolibéral actuel est en mutation. Avant il agissait avec douceur pour contrôler les populations, actuellement il cherche à agir avec violence et répression...


Nous rappelons qu'avant le confinement le gouvernement n'avait plus cette image de berger soucieux de la bienveillance des Francais :  - Le préfet Lallement, sommé de s'excuser en public pour la première fois de sa vie, après avoir fait la bêtise d'affirmer que ceux qui se « relâchaient » dans les parcs étaient ceux qui se retrouvaient intubés ensuite dans les services d'urgence.

  • Mouvement dés gilets jaune
  • Mouvement de contestation des retraites,...


Le virus produit, pour le pouvoir en place, un véritable effet d'aubaine pour reprendre la main et se relégitimer.


NOUS SOMMES DES CITOYENS ET NON DES MOUTONS ! ET NOUS VOYONS CLAIRS.


Nous avons assisté à une crise inédite à travers nos institutions et nos représentants, et à présent nous allons assister à une crise sociale et économique.


NOUS SOMMES DEVANT UNE OCCASION RARE DE DECELERER.


Le virus a donc ouvert des espoirs en nous montrant que nous disposons des outils politiques pour agir et en nous obligeant à faire l'expérience que nous n'avons peut-être pas besoin de voyager autant, de multiplier les activités, les rendez-vous, les contacts... Mais cela ne signifie pas que le ralentissement est la voie univoque pour mener une meilleure vie.