Le bal des hypocrites de la laïcité



1. Le FN ou l'imposture 

Marine Le Pen et la laïcité ? Il n'y a pas de plus gros mensonge ! Dans les collectivités territoriales, les élu·e·s FN passent leur temps à chercher à augmenter les financements publics aux écoles privées, au-delà de ce que fixe la loi. Nombre de soutiens des commandos anti-avortement et anti-IVG (interruption volontaire de grossesse) sont des soutiens affichés de Marine Le Pen. Certains veulent rétablir le délit de blasphème sur tout le territoire. Le Pen se revendique de la laïcité ? Ça ne peut faire illusion. Il s'agit seulement d'exprimer l'obsession anti-immigration de l'extrême- droite française. 

2. LR ou le retour en arrière 

Avec la droite LR, c'est le grand retour en arrière sur les principes républicains. Les uns courent derrière le discours xénophobe de l'extrême droite en utilisant la laïcité pour stigmatiser. Les autres attaquent l'école laïque en privilégiant l'école privée. Leur objectif est idéologique : ils veulent que la logique de compétition de chacun contre tous prenne le pas sur celle de coopération et de mise en commun. 

3. Le PS ou les reniements 

François Hollande déclarait en mars 2015 « la République reconnaît tous les cultes ». Le Président de la République contredit ainsi les termes mêmes de la loi de 1905 :

« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Il propose ainsi de subventionner les cultes ! Et ce d'autant plus facilement qu'on casse notre modèle social et retire les moyens d'actions aux services publics. Pire, a surgi récemment l'idée d'étendre le Concordat à tout le pays. Véritable négation de la laïcité́, c'est une tentation du contrôle de l'État sur une religion en échange de ses financements... Et, lors de la campagne présidentielle de 2012, le candidat François Hollande proposait carrément de constitutionnaliser le concordat Alsace-Moselle ! Heureusement, faute de majorité́, toutes ses tentatives de modification de la Constitution ont pour l'instant échoué́.

 

La laïcité n'est pas un acquis qui va de soi dans notre pays. Tout d'abord, le fait est peu connu, mais le principe de séparation des Églises et de l'État ne s'applique pas sur l'ensemble de notre territoire national. Les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de Moselle sont soumis à un régime concordataire, avec quatre cultes reconnus. Cela coûte 55 millions d'euros d'argent public par an. Les cours de religion y sont obligatoires (sauf dérogation) et il existe même un délit de blasphème ! Le régime concordataire est contraire à l'égalité dans l'exercice des cultes. Et à celle des citoyen·ne·s plus globalement. Car beaucoup doivent payer pour des cultes qu'ils ne pratiquent pas ou qu'ils réprouvent. La liberté de conscience, qui comprend celle de n'avoir aucun culte, est mise à mal. Certaines collectivités d'outre-mer sont également exclues du bénéfice de l'application de la séparation des Églises et de l'État. 

Ensuite, il existe un financement public déguisé des cultes. Un certain nombre de niches fiscales permettent de diminuer l'impôt sur le revenu des dons aux associations cultuelles. Certaines collectivités locales s'engouffrent dans des failles juridiques pour financer la construction de lieux de cultes. Et les barons locaux peuvent ainsi assouvir leurs penchants communautaires électoralistes. 

Enfin, une part importante du financement public qui devrait aller à l'école publique et laïque va aux écoles privées, majoritairement confessionnelles. Qu'il existe des écoles privées confessionnelles concurrentes à l'école publique de la République est une chose ; que la collectivité les finance en est une autre. Surtout quand l'État, au nom des économies de budget, n'assume plus complètement sa mission fondamentale d'Éducation nationale.