L'écologie urbaine facteur de cohésion sociale



Selon un sondage de décembre 2019 (Le Monde, 17/12/2019), la ville idéale des Français combine les avantages du mode de vie urbain et la proximité avec la nature. Pourtant face à l'étalement urbain en périphérie des grandes villes qui rend dépendant de la voiture et pose des problèmes pour la mise en place de transports publics, la boutade d'Alphonse Allais de « Construire les villes à la campagne, car l’air y est plus pur » ne saurait constituer un programme politique durable.

Nous savons à présent qu'une ville durable est nécessairement plus dense et moins étalée. Comment dès lors concilier la nécessaire densité d'une ville durable avec notre désir de nature afin de rendre l'espace dans lequel nous vivons désirable ? Il ne suffit pas d'utiliser des matériaux renouvelables comme le bois, de végétaliser les toitures ou de dessiner des parcs pour qu'on se sente bien dans nos villes.

Je crois que la ville doit s'imaginer comme un espace où peuvent s'écrire et se croiser une multitude d'histoires, comme le support que constitue une feuille de papier peut accueillir des écrits bien différents. À nous de faire à travers des projets collaboratifs que les utilisateurs des quartiers s'emparent de certains espaces publics pour en inventer les utilisations qu'ils souhaitent et inscrivent ainsi leurs vies dans les lieux où ils résident. Des lieux durables sont des lieux au cœur desquels enfants, adolescents, associations, sportifs, artistes, séniors se succèdent ou sont ensemble pour faire vivre leurs différentes passions. 

Partout en France, nous constatons que les initiatives d'urbanisme temporaire tout comme les friches culturelles deviennent des lieux de vie. À nous de faire en sorte qu'une place puisse accueillir aussi bien un marché, qu'une fête des associations ou qu'une exposition artistique ou une démonstration de breakdance ou, le soir de la fête de la musique, une chorale ou un trio de jazz. Une ville doit laisser la place à l'inattendu et à l'improvisation. Le rôle d'une municipalité est de rendre toutes ces écritures possibles. À nous donc de faire en sorte, que des riverains puissent s'impliquer dans la conception et l'entretien de jardins partagés ou la décoration florale d'une rue. À travers une bienveillance à l'égard de toutes sortes de propositions d'aménagements ou d'organisation d'événements variés issues d'associations ou d'habitants des quartiers, faisons en sorte que la population s'approprie les espaces publics et les fasse vivre avec créativité.

Michel Grenié,